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Nation building assisté par Internet

jeudi 17 mars 2011, par Paul Oraison

Technologie de l’information et réseaux sociaux en ligne ne servent pas seulement à renverser les dictatures. Ils peuvent également contribuer à la construction et à la consolidation de corps politiques.

En instaurant de nouveaux rapports entre réseaux et territoires, les nouveaux dispositifs socio-techniques peuvent aussi bien développer les capacités des seconds, renforcer les liens de communautés géographiquement dispersées, servir l’emprise des instances centrales, organiser concrètement un grand ensemble structuré par le principe de subsidiarité.

Un territoire « augmenté » par les ressources que le réseau rend accessibles peut aussi s’étendre dans l’espace, en « archipel » à géométrie et temporalité variables qui réunit des collectivités dont les territoires de référence ne sont pas nécessairement contigus. Les diasporas et autres communautés religieuses ou affinitaires dispersées n’ont pas attendu Internet pour persévérer dans l’existence « en réseau », mais les technologies de l’information leur livrent des moyens de consolidation sans précédent. Un nous ethnique depuis longtemps dispersé et, du coup, pas trop regardant sur la pureté du sang, pourrait tirer parti de ces technologies pour se produire, de manière à la fois extensive et intensive : un « Archipel des Celtes », par exemple, avec ses territoires distribués en Europe, d’Angleterre en Espagne et de Bretagne en Lombardie, et ses diasporas transatlantiques. Déjà virtuellement réuni chaque année par un festival de musique, la Celtimanie pourrait bien, dans cette perspective, s’étendre et s’approfondir sur le plan culturel, économique, voire politique.

La démocratie participative assistée par ordinateur [1], la « wikidémocratie » travaille déjà les formations politiques en place avant d’en faire émerger de nouvelles. A l’échelon national, elle s’articule avec les institutions de la démocratie représentative. On sait qu’en France, notamment, des partis et des personnalités ont pris des initiatives en ce sens, entre désirs d’avenir et marketing viral des souverainistes sur la toile [2]. A l’échelon de la cité et des collectivités locales, le réseau contribue au désenclavement intellectuel et ouvre les démocraties cantonales, concrètes mais un peu étriquées, à des affinités électives sans frontières.

L’Union européenne offre une autre configuration propice aux expérimentations.


[1Une Note de veille (n° 117, novembre 2008) du Centre d’Analyse Stratégique fait le point sur les nombreuses expériences en cours en Europe et au-delà : « La démocratie électronique en débat(s) ». www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/NoteVeille117.pdf.

[2Le Figaro du 21 avril 2009.

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